Découverte

Chef-lieu d’arrondissement et située dans le Pays de Nied, la Ville de Boulay-Moselle s’enorgueillit d’un passé lourd d’histoire, tour à tour glorieux et malheureux.

Dès 1136, les Sires de Boulay connurent un règne brillant, leurs terres s’étendaient fort loin, en des enclaves allant du Luxembourg à Sarreguemines et jusqu’à Pont-à-Mousson.

Les deux tours de « Dada », derniers vestiges de l’enceinte fortifiée détruite en 1635 témoignent encore de la puissance passée de Boulay, ancienne ville-forte médiévale érigée en Comté en 1615.

Renommée pour ses orgues monumentales de 1725 dues au talent de joseph Lepicard, la ville possédait la plus grande manufacture d’orgues de France. Fondée en 1863, cette entreprise était mondialement connue pour ses instruments d’une remarquable facture.

Spécailité gastronomique, les délicieux « Macarons de Boulay » dont la réputation s’est largement répandue à l’étranger, contribuent aussi à propager le nom de Boulay et à faire apprécier à sa juste valeur la qualité du savoir-faire local.

Histoire

Boulay est situé sur le ruisseau d’Ellbach, à proximité de la Nied. Si des monnaies antiques ont été retrouvées sur le ban communal, Boulay n’apparaît dans l’histoire qu’en 1184, sous la forme « Bollei », puis Boullay en 1221 et Bolchen (forme allemande) en 1487. Ville fortifiée, elle devient siège du comté de Boulay, qui fut possédé par des seigneurs très puissants qui firent souvent la guerre à la cité de Metz et qui relevaient du duché de Bar et du comté de Chiny et dont la dernière héritière céda ses droits au duc René de Lorraine en 1503. La seigneurie de Boulay releva du duché de Lorraine jusqu’à son rattachement à la France en 1766. Le prince de Condé attaqua le bourg pendant la guerre de Trente Ans.Boulay est le siège d’une prévôté sous le ressort du bailliage de Sarregue-mines jusqu’en 1751, lorsqu’elle fut érigé en bailliage. La prévôté de Boulay contenait 43 communautés. Le bailliage en comptait 75. L’ancien château a été attribué en 1700 à des Récollets irlandais, qui y établissent leur couvent.Paroisse de l’archiprêtré de Varize, de laquelle dépendaient une chapelle castrale et les chapelles du Saint-Sacrement et de la Sainte-Croix. Chef-lieu en 1790 d’un district de neuf cantons, Boulay devient simple chef-lieu de canton de 1802 à 1871, lorsque l’administration allemande fait de la ville une sous-préfecture.Une grande partie de la ville est détruite par les Américains en novembre 1944, pendant la progression de l’armée Patton.

A voir

Eglise saint-étienne

Édifiée en 1782, l’église paroissiale possède un clocher à bulbe datant de 1863. Outre des fonts baptismaux de 1518 et du mobilier liturgique du XVIIIe siècle, elle est renommée pour ses or-gues monumentales de 1725 dues au ta-lent de Joseph Lepicard, situé à l’origine dans l’abbaye cistercienne de Villers-Bet-tnach.Boulay possédait la plus grande ma-nufacture d’orgues de France. Fondée en 1863, l’entreprise Dalstein-Haerpfer était mondialement connue pour ses instruments d’une remarquable facture. Elle était le facteur d’orgue favori d’Al-bert Schweitzer.

Temple protestant

Construit en 1884, le temple actuel remplace un premier lieu de culte érigé en 1850, que l’arrivée massive de fonc-tionnaires et d’ouvriers allemands avait rendu inadapté. Édifice néo-gothique, il conserve dans un premier temps la cloche précédente fondue par le Messin Goussel, puis est doté d’une cloche par l’empereur Guillaume II lui-même. Un orgue « lo-cal », un Dalstein-Haerpfer, l’équipe de-puis 1905. La flèche actuelle du clocher ne date que de sa reconstruction suite à la tempête de 1973.

Vestiges des remparts

Boulay, ancienne ville-forte médiéva-le érigée en Comté en 1615, possédait comme toutes les villes similaires, une ceinture de remparts qui furent détruits en 1635 pendant la guerre de Trente Ans (1618-1648).Les deux demi-tours des « vieilles da-mes Dada » sont les derniers vestiges de cette enceinte fortifiée. Elles témoignent encore de la puis-sance passée de Boulay et des Seigneurs des lieux. Elles ont aujourd’hui le départ d’un chemin de randonnée vers l’église de Valmunster.

Blason

D’or à la bande de gueules chargée de trois alérions d’argent, accompagnée de deux croix ancrées de gueulesCe sont les armes simples de Lorraine, auxquelles on a ajouté deux croix ancrées, rappelant l’écu des anciens seigneurs de Boulay : «d’or à la croix ancrée de gueules», connu depuis 1224. Cette croix ancrée est représentée par erreur sous la forme d’une anille sur la planche de la Ruelle (entrée de Henri II ). Au XVIII° siècle, les armes simples de Lorraine furent portées par la ville. Au XIXe siècle, on écartela parfois lorraine et Boulay ancien. Le blason actuel est la simplifica-tion de cet écu écartelé.La ville de Boulay est titulaire de la croix de guerre 1939-1945 (citation à l’ordre de la Division).

Spécialité : Les Macarons

Fierté des Boulageois, le macaron de Boulay est une spécialité culinaire connue dans le monde entier, et dont les gourmets célèbres ne se comptent plus : du Général de Gaulle au roi George VI, de l’Empereur Guillaume II à l’écrivain André Maurois. Mise au point en avril 1854 par Binès Lazard et son épouse Françoise, la recette initiale des macarons (et son secret transmis de génération en génération !) est restée la même aujourd’hui : les amandes fraîches, le sucre et les blancs d’œufs sont minutieusement dosés et les macarons toujours dressés à la cuillère dans la plus pure tradition artisanale. Ainsi élaborés, les Macarons de Boulay, présentés dans leur mythique boîte rouge, conservent leur moelleux au fil des jours et des semaines sans qu’aucun colorant ni conservateur ne vienne les dénaturer. Expédiés dans le monde entier, du Japon aux États-Unis, les macarons sont devenus l’étape obligée de tout gour-met passant par la Lorraine.

Charles de Villers

Né à Boulay le 4 novembre 1765, mort à Göttingen le 26 février 1815

Fils d’un conseiller du roi, Charles François Dominique de Villers fait ses études à Metz, d’abord au collège des Bénédictins rue Tête d’Or de 1774 à 1780, puis à l’École d’application de l’artillerie.En 1792, pour fuir la Révolution, il émigre et sert dans l’armée du prince de Condé, puis s’installe en Westphalie (Allemagne), ne faisant que quelques brefs séjours à Metz entre 1801 et 1805. Docteur en philosophie, il est professeur à l’université de Göttingen (1811-1814) et lié à Madame de Staël, aux frères Grimm et à Goethe.Outre un roman (Le Magnétiseur, 1787), des pièces de théâtre et des articles sur les voyages de La Pérouse, les langues française et allemande, il est l’auteur de nombreux essais philosophiques et d’histoire de l’Église, dont certains sont restés inédits. Il reste connu pour avoir introduit en France la philosophie d’Emmanuel Kant.

Surnom

la « Rachborn »ou « Ratschborn = la fontaine aux commérages

Avant l’établissement de la première conduite d’eau en 1859, Boulay était alimentée en eau potable par plusieurs fontaines à débit continu. L’une d’elles, dont la renommée devait bientôt s’étendre sur la région entière, la « Rachborn « ou « Ratschborn « (fontaine aux commérages) était située sur la place de la Vendée. C’était d’abord à l’état de citerne que l’on voyait cette fontaine à ciel ouvert, dont l’eau s’écoulait dans le ruisseau canalisé à travers la ville. Plus tard, on la capta dans un réservoir, pour en faire monter l’eau à l’orifice supérieur à l’aide d’une roue.Mais ce système compliqué déplut au maire Le Secq de Crépy, qui fit rénover la fontaine, en la plaçant derrière l’hôtel de ville.Là, on y accédait par trois marches descendantes, ce qui explique la dénomination que lui donnèrent nos pères à cette époque de « Lochborn « (fontaine du trou). Une eau fraiche et claire y jaillissait pendant la plus grande partie de l’année.

Halling-lès-Boulay

Commune créée en 1790, Halling-lès-Boulay a été rattachée à Boulay en tant que commune associée en 1973. La plus ancienne mention du village remonte au XVe siècle : Heillingen, puis Helange (1582) et Hallingen (1594). Ancienne annexe de la paroisse de Varize, la paroisse Saint-Vincent dé-pendait de l’abbaye de Saint-Avold. La commune est rattachée au canton de Varize à la Révolution puis dans celui de Boulay en 1802.

Couvent des Récollets

Le 22 mai 1700, le duc de Lorraine céda à des religieux, des récollets irlan-dais, le château de Boulay (partielle-ment détruit par un incendie en 1695) avec les dépendances et contribua aux frais d’aménagement et de construc-tion avec une rente annuelle. La prise de possession du château se fit officiellement le 6 juin 1700, en présence de cinq religieux irlandais, du curé de Boulay, du maire, des échevins et d’autres représentants de la localité. Le couvent est fermé, en septembre 1792, puis les bâtiments sont confis-qués.